“Personne ne vote pour eux sauf leurs communautés. Ils n'ont aucune obligation envers l'intérêt public, envers les 5,7 millions d'autres Britanno-Colombiens. Et ils co-élaborent le programme législatif de la Colombie-Britannique. D'après ma compréhension et ma formation juridique, c'est totalement inconstitutionnel. [Et aussi :] aucun autre endroit dans le monde ne s'est infligé cela. [Moyse se réfère au First Nations Leadership Council.]”
Geoffrey Moyse, KC, Global News
Conseiller juridique principal retraité, ministère du Procureur général de la C.-B. (section du droit autochtone, plus de 30 ans) · avr. 2026
Chaque affirmation est contredite par des sources primaires.
(1) « Totalement inconstitutionnelle. » Aucun tribunal n'a déclaré la DRIPA inconstitutionnelle. Le jugement de la Cour suprême de la C.-B. dans Gitxaała (2023 BCSC 1680) a statué que l'article 3 de la DRIPA ne créait pas de « droits justiciables », une conclusion plus étroite que l'inconstitutionnalité. La Cour d'appel de la C.-B. a infirmé cette interprétation dans 2025 BCCA 430 et a jugé que la DRIPA est une loi provinciale valide avec un « effet juridique immédiat ». Deux niveaux de tribunaux canadiens ont appliqué la DRIPA; aucun ne l'a invalidée. Voir le « reçu » ci-dessous pour ce que Moyse lui-même a écrit huit mois avant l'entretien à Global News.
(2) « Aucun autre endroit dans le monde ne l'a fait. » Le comparateur direct le plus proche est la loi fédérale canadienne sur la DNUDPA (projet de loi C-15), qui a reçu la sanction royale le 21 juin 2021 sous le premier ministre Trudeau. L'UNDA a la même structure que la DRIPA : elle exige que le gouvernement fédéral prenne des mesures pour harmoniser les lois fédérales avec la DNUDPA. Aucun tribunal ne l'a invalidée. La Bolivie est allée plus loin que la DRIPA en 2007 lorsque la Loi n° 3760 a élevé les 46 articles de la DNUDPA au rang de droit national; la constitution de 2009 a ensuite fait de la Bolivie un État plurinational doté de vastes dispositions sur les droits autochtones. Par ailleurs, des lois sur les droits autochtones alignées sur les principes de la DNUDPA existent dans d'autres juridictions, notamment aux Philippines (Republic Act 8371, 1997, qui précède la DNUDPA et est reconnue internationalement comme l'une des lois les plus progressistes sur les droits autochtones) et en Norvège (Finnmark Act 2005, transférant la gestion conjointe de 96 pour cent du comté de Finnmark aux Samis en vertu de la Convention 169 de l'OIT). Que « cela » désigne une loi de mise en œuvre de la DNUDPA ou un cadre législatif plus large sur les droits autochtones, la DRIPA n'est pas sans précédent.
(3) « Personne ne vote pour eux. Aucune obligation envers l'intérêt public. » Les députés qui ont adopté la DRIPA 87-0 en 2019 ont été élus par tous les Britanno-Colombiens; tous les partis ont voté pour. Les chefs des Premières Nations sont élus par leurs communautés. Les droits ancestraux et issus de traités de l'article 35 sont constitutionnels depuis 1982 et font partie du cadre de l'intérêt public canadien. Le FNLC conseille le gouvernement; il ne gouverne pas. L'Assemblée législative de la C.-B. conserve la pleine autorité législative.
(4) Moyse et le Traité Nisga'a. L'annonce officielle du gouvernement de la C.-B. en 2013 concernant la désignation de Moyse comme conseiller de la Reine le décrit comme « l'un des principaux architectes des dispositions clés du traité » Nisga'a et affirme que ces dispositions « sont devenues le modèle des traités subséquents en C.-B. ». Le Traité Nisga'a, en vigueur depuis 2000, accorde à la Nation Nisga'a son propre gouvernement élu, protège les lois Nisga'a en vertu de la Constitution, et comprend la gestion partagée des terres et des pêcheries avec la C.-B. et le Canada. En langage clair : l'autonomie gouvernementale et la cogestion autochtones en C.-B. ne sont pas une invention de la DRIPA. Elles existent grâce à des traités que Moyse lui-même a contribué à bâtir.
Moyse a travaillé à la section du droit autochtone du ministère du Procureur général de la C.-B. pendant plus de 30 ans, prenant sa retraite en 2022.
British Columbia Court of Appeal · 2025-12-05[2025 BCCA 430]
Supreme Court of British Columbia · 2023-09-26[2023 BCSC 1680]
Northern Beat · Geoffrey Moyse, KC · 2025-08-13
Province of British Columbia - news release · 2013-12-11
Plurinational State of Bolivia - Legislative Assembly · 2007-11-07[Ley 3760/2007]
Constitute Project · 2009-02-07
Republic of the Philippines · 1997-10-29[RA 8371]
Kingdom of Norway · 2005-06-17
Parliament of Canada · 2021-06-21[S.C. 2021, c. 14]
Hansard, BC Legislature (41st Parliament, 4th Session, Issue 299) · 2019-11-26
Government of Canada · 1982-04-17
Province of British Columbia · 2019-11-28[S.B.C. 2019, c. 44]
Suivi en direct
Suivi de l'appel Gitxaała devant la CSC
Chronologie du dossier, état de l'autorisation d'appel, réponses du gouvernement de la C.-B. Tenu à jour au fil des dépôts.
Voir le suivi complet →
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Première publication: 1 avril 2026